Le Jardin féerique de Cicely Mary Barker
Pour celles qui sont passionnées par le petit monde des fées, voici une artiste incontournable Cicely Mary Barker.
Cette artiste britannique (1895-1973) a été nourrie de comptines, d'albums illustrés. Elle s'est beaucoup passionnée pour la botanique, et comme les fleurs avaient déjà un langage, elle leur a inventé des fées.
Voici quelques illustrations, mais je vous invite à voir son site ou à vous procurer un livre magnifique "Le jardin féerique".
Peintures appartenant en exclusivité à Cicely Mary Barker ou ses descendants.
(Flower Fairies).
La Fée des Héliotropes
On me nomme héliotrope et je ne sais pourquoi
Certains Anglais parfois, quand ils parlent de moi,
Préfèrent m'appeler gâteau à la cerise ;
Mais, si j'y réfléchis, peut-être qu'ils le disent
Parce que tout ce qui me touche est lié pour eux
Au plaisir que peut donner un mets savoureux.
Mon parfum, voyez-vous - ah, venez le sentir ;
Car il n'existe pas de mots pour le décrire !
Mes boutons et mes corolles, à n'en pas douter ;
Sont merveilleusement doux, riches et veloutés -
Leur violet d'abord très profond s'éclaircira
Diffusément jusqu'au pâle des lilas.
Je sais, en tout cas, que beaucoup de gens me prisent,
Qu'ils disent héliotrope ou gâteau à la cerise !
Cicely Mary Barker
La fée des Lavandes
"Bleue est la lavande, tradéridéra, tralala",
Dit une vieille chanson ;
Tout autour de ses buissons, tradéri, tradéra,
Se pressent les papillons.
(Ils en sont tous fous, tradéridéra, trallala,
Les abeilles également.)
Et la lavande jolie, tradéri, tradéra,
Se balance dans le vent !
"Bleue est la lavande, tradéridéra, tralala",
Elle est verte tout autant."
Elle parfume le linge, tradéri, tradéra,
Que l'on range propre et blanc -
Fraîchement lavé, tradéridéra, tralala,
Draps, taies, mouchoirs et torchons,
Les fleurettes de lavande, tradéri, tradéra,
Les feront tous sentir bon !
Cicely Mary Barker
La Fée des Coquelicots
Le blé trop vert croît et grandit
Et dans le ciel chante l'alouette,
En robe de rouge organdi,
Sans me lasser, je me tiens prête.
Le blé jaune est mûr à présent,
En gerbes il faut le moisonner ;
Pour chasser les oiseaux des champs,
J'entends un jeune enfant crier.
Maintenant, la moisson est faite,
Le champ de blé est nu et vide ;
Mais, moi, je me tiens toujours prête,
Dans ma robe rouge splendide.
Cicely Mary Barker
La Fée des Liserons
Mes longues, longues tiges s'entortillent !
Mes longs, longs boutons s'enroulent en vrille !
Mes grandes fleurs sont blanches et vaporeuses
(Rien n'est plus pur que leur blancheur neigeuse),
Mais un seul jour les voit naître et mourir !
Mes vertes guirlandes aiment à courir
Le long du chemin pour le décorer -
Autant de raison de nous honorer !
Cicely Mary Barker
La Fée des Pois de Senteur
Par ici montent les pois de senteur
(Et ce poème leur est consacré !)
Grâce à leurs vrilles, ces gracieuses fleurs
N'ont vraimet aucune peine à grimper.
Admirez ces coloris qui chatoient,
Laissez-vous par ce parfum envoûter ;
Mais ces cosses satinées et leurs pois,
Il ne faut surtout jamais y goûter.
Voici une fée, une grande sœur ;
Occupée à essayer tendrement
Ce bonnet neuf, en pétales de fleur ;
Au gentil poupon, assis sagement.
Voyons, bébé, te va-t'il, ce bonnet ?
Ah oui, vraiment, tu es avantagé.
Que pourrait-on voir de plus mignonnet
Que ce joli chapeau rose dragée !
Cicely Mary Barker
L'elfe des Asters
"Papillon rouge, vulcain si doux,
Surtout, surtout, n'hésite jamais
A venir te poser sur mes fleurs !
J'espère qu'elles sont à ton goût ;
L'automne est tout proche, désormais,
Mais le soleil fait notre bonheur."
"Merci, peit elfe, de tout coeur !
Tes fleurs sont un pur enchantement,
Elles sont si nombreuses et jolies ;
Du doux miel elles ont la saveur
Et je m'en régale avidement ;
Ne puis-je amener mes frères, aussi ?"
"Papillon, mon ami, roi du ciel,
Va les chercher tous autant qu'ils sont !
Bienvenus soient tous les visiteurs !
Voici arrivée la Saint-Michel.
Avant peu, les feuilles tomberont,
Le soleil d'automne est le meilleur !"
Cicely Mary Barker
La Fée des Amandiers
L'Elfe des Ormes
La Fée des Sureaux
La Fée des sapins de Noël
Le sapin de Noël est né dans la forêt
Et il y est devenu grand ;
Sans se douter qu'un jour, brillamment décoré,
Il ferait la joie des enfants ;
Du sapin, croyait-il, les cônes mordorés
Etaient les uniques ornements.
Ô mon bel arbre, tu as quitté à jamais
Ta forêt sombre et éternelle ;
Et voici que tes branches croulent désormais
Sous les bougies qui étincellent,
Les boules colorées, les guirlandes étoilées,
Car c'est la veille de Noël.
Tout en haut du sapin veille une poupée-fée ;
Dès que les enfants sont au lit,
Elle s'anime et, parmi les branches chargées,
Elle évolue sans faire de bruit,
Vision magique, en cette radieuse soirée,
Fée et sapin, il est minuit.
Cicely Mary Barker
L'Elfe des Jasmins d'Hiver
Pendant tout l'été, mes feuilles sont restées vertes,
Mais jamais on n'a vu poindre une fleur ;
A présent, il s'en est allé, l'été alerte,
Mes feuilles vertes se sont envolées,
Au plus gris de l'année,
Qui va nous égayer ?
L'hiver est arrivé, il souffle un vent glacé ;
Gel et neige sont prêts à nous mordre ;
Mais en décembre aussi, le soleil peut perçer ;
Et je tiens mon cadeau à vos ordres.
Tenez, je vous les donne,
Mes fleurettes mignonnes !
Loin au-delà des mers ont fui les hirondelles,
Le rouge-gorge avec moi est resté,
Et la mésange aussi, petite amie fidèle,
Sur le jasmin du mur, elle est perchée,
Et nous crions : "Hourra !
Nous voici, nous voilà !"
Cicely Mary Barker
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